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REUSSIR L'ACTE D'AMOUR
On pourrait comparer la bonne marche du couple humain à celle d'un
moteur automobile à quatre vitesses... et l'on voit ainsi s'élever
l'édifice dans lequel se logera le bonheur.
Première vitesse: La recherche du plaisir orgasmique
L'orgasme procure un assouvissement physiologique sans équivalent.
Son plaisir suréminent, ses propriétés extatiques ont
développé l'appétit orgasmique, que l'humanité ressent
sans commune mesure avec les nécessités purement procréatrices.
Comme il existe un minimum de consommation calorique, vitaminique, etc.,
il existe un minimum de consommation orgasmique. Pour une vie de septuagénaire,
Wilhelm Reich l'avait chiffré à 5000 orgasmes. Nous sommes loin
du nombre d'enfants que peut engendrer un couple.
En fonction de la sensibilité individuelle, le chiffre de cinq mille
peut subir des variations considérables: il y a des tempéraments
froids et des natures généreuses, des baise-petit et des chauds
lapins. Pour assouvir l'appétit orgasmique, l'humanité a
remarquablement affiné sa physiologie érotique. Autour des zones érogènes
primaires, les zones érogènes secondaires - celles dont la sollicitation
fait de l'effet - se sont développées de la nuque aux chevilles,
de la bouche aux creux des reins, du ventre à la face interne des cuisses,
liste non limitative. Les seins féminins ont progressivement perdu leur
fonction lactogène (par l'allaitement artificiel) au profit de
capacités érogènes "super-secondaires" faisant
d'eux des appâts du désir, des foyers de plaisir. Les zones érogènes
primaires, celles qui libèrent l'orgasme, ont acquis des facultés
dont deux particulièrement voyantes:
• L'accès au clitoris: antenne
du plaisir sexuel féminin,
le clitoris se trouve à l'entrée immédiate des voies génitales-copulatoires.
Quand la femme préhistorique s'est dressée sur ses "pattes" de
derrière, l'orifice vaginal est resté en place, "coincé" par
le bassin osseux, alors que le clitoris a émigré vers l'avant.
C'est ainsi que le sexe des femmes est devenu cet organe allongé fendu
si original. Apparaissant au bas du ventre, accessible à la vue
(au centre du triangle pileux) et aux doigts, le clitoris peut être excité de
façon indépendante du vagin, et délivrer son propre orgasme.
Cet orgasme clitoridien est le préliminaire physiologique normal de
l'orgasme vaginal. La physiologie érogène des femmes est ainsi
devenue bifocale, avec deux zones érogènes primaires fonctionnant
en synergie: le gland du clitoris et le canal vaginal. Chacune prodigue un
orgasme à la saveur différente: précision, acuité,
ponctualité de l'orgasme clitoridien; diffusion, large résonance
de l'orgasme vaginal.
• La maîtrise masculine du stade en plateau: la
réaction
sexuelle, c'est-à-dire l'ensemble des modifications anatomo-physiologiques
sous l'effet de la stimulation sexuelle, montre quatre épisodes: excitation,
stade en plateau, orgasme, résolution. Le stade en plateau est celui
correspondant au maximum de transformations, c'est-à-dire chez l'homme
l'érection la plus complète et la plus ferme. L'homme normalement
expérimenté peut faire durer à son gré cet état
physiologique. Il est capable de se retenir pour que les percussions r épétées
du gland de la verge contre le fond du vagin aient le temps de faire éclore
l'orgasme féminin interne.
Deuxième vitesse: l'instinct d'accouplement
II faut plus de quinze ans pour que l' être humain acquière
la maturité anatomo-physiologique lui permettant de s'accoupler
et de se reproduire. Ressentant l'appétit orgasmique dès l'enfance,
il l'assouvit alors tant bien que mal par la masturbation, qui soulage
au moins la démangeaison érogène et rode la physiologie.
Avec la puberté s'allume définitivement le besoin de l'autre,
le partenaire d'accouplement. Tenir cet autre dans ses bras, le presser contre
son corps, le baiser, le caresser, faire coïncider les organes destinés à se
compénétrer et agiter "la charnière" jusqu'au
déclenchement orgasmique constitue une de ces séquences
programmées qui structurent les instincts. Cet instinct d'accouplement,
tout biologique, tout "animal", est resté très puissant
chez les humains, puisqu'il perpétue l'espèce. Il est capable
de "faire avaler" l'étreinte à des femmes restées
en route de leur évolution physiologique, et n'y trouvant pas d'agrément
charnel. En revanche, chez la femme normale, celle qui a atteint la révélation
du plaisir, l'accouplement délivre la part motrice de tout assouvissement
biologique complet: c'est en "remuant la charnière", en accomplissant
activement les mouvements coïtaux, qu'elle déclenche au mieux son
orgasme vaginal.
Troisième vitesse: la liaison érotique
Le lien sexuel humain, qui se constitue à l'issue du choix puis de
la courtisation (séduction) du (de la) partenaire, est fondé sur
l'orgasme réciproque. D'un naturel méfiant et vulnérable,
l'être humain ne s'accouple pas avec n'importe qui, ne se dénude
pas devant n'importe qui, ne se montre pas en train de jouir à n'importe
qui. On pourrait penser que si l'appétit orgasmique et l'instinct d'accouplement
sont si pressants, c'est bien pour pousser à s'accoupler des individus
dotés de pudeur, de dignité et de quant-à-soi. Il est
rare qu'un accouplement (sauf vénalité) ait lieu entre inconnus
de l'heure précédente; il est rare qu'il demeure sans lendemain.
La liaison érotique, qui rend chacun responsable de l'orgasme de l'autre,
est d'autant plus gratifiante que chaque partenaire est plus fier(e) de l'autre,
d'autant plus assouvissante qu'elle permet, par sa durée, d'accorder
efficacement deux physiologies qui ont toujours leurs particularités
individuelles: grâce à l'expérimentation, à l'information
mutuelle. Outre son propre assouvissement, chacun peut ainsi jouir, dans la
liaison érotique, de son pouvoir érotique qui prodigue l'orgasme
au partenaire élu. Hors de cette connivence réciproque, tout
lien sexuel entre un homme et une femme qui ne connaît pas le plaisir
partagé demeure boiteux, convenu, artificiel, voué à la
rupture ou au malheur - ou alors il n'est qu'une société de soutien
mutuel...
Quatrième vitesse: la formation du couple
Les humains ne passent pas leur temps à faire uniquement l'amour.
Assouvissant par la liaison érotique les appétits charnels les
plus "préoccupants" après les nécessités
alimentaires, le couple permet à l'homme et à la femme d'établir
sur leur union sexuelle un lien de longue durée permettant d'affronter à deux
les péripéties de l'existence, et d'en partager les fruits comme
ils partagent le pain du plaisir. Ils fondent un foyer, où ils élèveront
leurs enfants... s'ils en veulent !
La surmultipliée: l'amour réciproque
On ne fait pas l'amour sans un
peu d'amour, et l'affectivité positive
est automatiquement mise en jeu par la "reconnaissance du sexe".
Bien des couples s'estiment "contents" d'un échange de gentillesse
et d'assistance. Il y a plus grande réussite. L'amour réciproque,
par son exaltation des plaisirs sensuels, par son illumination de la vie quotidienne,
par sa solidarité chaleureuse, procure, ne dût-il durer que
quelques lustres(1), le plus grand épanouissement
de bonheur dont soit capable la nature humaine.
La substance de la liaison érotique
La liaison érotique n'est pas faite que de coïts réglementaires
avec orgasmes. Elle prodigue des gratifications mineures, moyennes et majeures.
LES GRATIFICATIONS MINEURES.
Ce sont celles qui érotisent la vie quotidienne. Caresses, baisers,
pelotages, mains sous la jupe, sur les fesses ou sur la braguette, toutes ces
privautés, premières accordées, rappellent que la séduction
a abouti, et que chacun(e) dispose d'un corps de partenaire complice et affectueux.
Ce sont petits jeux mettant une note de gaîté sur les grises besognes
de la vie courante.
LES GRATIFICATIONS MOYENNES.
Au gré de certaines circonstances, elles consistent en sollicitation
(habituellement manuelle) plus insistante des zones érogènes
- au bal, au cinéma, devant la télé, dans le bain, en
cas d'alitement pour maladie, fracture, etc. L'excitation franchit ou non le
seuil de l'orgasme, unilatéral ou bilatéral. Un(e) bon(ne) partenaire
sait quand il faut battre en retraite avant d'avoir entraîné du
désagrément, quand il faut aller jusqu'au bout.
LES GRATIFICATIONS MAJEURES
Ce sont celles des séances érotiques, qui impliquent l'orgasme
réciproque. Selon leur durée, on peut distinguer trois sortes
de séances érotiques:
• La séance érotique de courte durée: celle
qui assouvit à peu de frais, dans le minimum de temps (10 à 15 minutes)
des partenaires bien rodés.
• La séance moyenne: en
20 à 30 minutes, elle correspond à un
appétit aiguisé par des retrouvailles, des stimulations extérieures,
un congé, etc.
• La grande séance érotique: s'étalant d'une heure à l'espace
d'une demi-journée, de toute une nuit, c'est une fête de la chair
demandant un grand désir, une solide santé... et du loisir. Elle
permet de multiplier les caresses, les étreintes, d'agrémenter
les "reprises" amoureuses par de petites diversions alimentaires,
etc.
Les conditions pratiques de l'étreinte
II y a des gens qui trouvent tout tout seuls - heureusement ! - et d'autres
qui ont toujours besoin qu'on leur dise ce qu'ils doivent faire. Lorsqu'ils
demandent "quand faut-il faire l'amour, et où, et avec qui ?",
la réponse est simple: quand on en a envie, à la maison, et avec
son partenaire habituel. Bien sûr, il peut être émoustillant,
amusant, délassant, de passer le week-end à l'hôtel avec
sa secrétaire, de tirer un petit coup vite fait après le café,
de "baiser" son épouse dans l'auberge de luxe ou dans la tente
de plage; il peut être rassérénant d'obéir au rituel
du cinq à sept hebdomadaire dans une garçonnière, etc.
Mais c'est en prenant son temps, dans ses meubles, avec son bon compagnon de
parties de jambes en l'air qu'on se régale le mieux. L'étreinte
doit être installée dans le déroulement de la vie, il faut
lui réserver l'horaire convenable, le lieu convenable, disposer des
conditions environnementales favorables - et savoir que toutes ces circonstances
sont à l'abri de la précarité, de l'éphémère.
PREMIERE CONDITION: LE BON MOMENT. Trois périodes offrent leurs
commodités pour passer un bon moment:
• Le matin: il faut être assuré d'une grasse matinée
confortable pour pouvoir savourer l'étreinte du réveil. Il y
a aussi souvent intérêt à vider sa vessie avant de s'ébattre.
Sinon l'érection de bonne santé peut inciter à une petite
visite de courtoisie, le temps de dire bonjour, les plus longs discours étant
remis à plus tard.
• Le soir: l'obscurité nocturne, le silence, le coucher, l'abandon
au moins provisoire des soucis de la journée, sont autant d'incitation à l'amour.
Malheureusement, c'est aussi le moment de la plus grande fatigue, du ressassement
des ennuis, et trop d'humains bâclent leur étreinte du soir avant
de s'endormir pesamment. C'est du gâchis. Les plus avisés prennent
d'abord le temps du délassement, de la toilette, du bain commun, pour
récupérer la "forme" nécessaire à une étreinte
qui ne soit pas sabotée.
• La sieste: moment
privilégié, elle permet mieux que
le matin de savoir ce que l'on fait, d'être moins fatigué que
le soir, et de se voir malgré les rideaux tirés.
L'amour est alors quasiment rituel dans les pays du soleil, là où tant
de couples préfèrent passer leurs vacances.
DEUXIÈME CONDITION: LE LIEU. Une maison normale comporte bien
des endroits "possibles". On peut s'étreindre dans la baignoire,
sur le divan du salon, sur la moquette devant la cheminée; le cunni-linctus(2) est
savoureux une cuisse passée sur chaque bras d'un fauteuil; il est loisible
de prendre par derrière la ménagère penchée sur
ses casseroles... Ce genre de divertissement est aisément multipliable,
il est distrayant, émoustillant, et met en train, tout en encourageant
la fantaisie. Finalement, rien ne vaut la chambre douillette, le lit de bonne
taille(3), confortable, chaud, garni aux
bons endroits d'oreillers et de coussins. Une vrai bonne chambre bien agencée
pour l'amour possède aussi un éclairage intime permettant de
voir ce qui se passe sans être ébloui, un miroir régalant
les yeux, une salle d'eau proche - et une bonne serrure. Rien n'empêche
de parfumer l'atmosphère, de faire passer une musique discrète,
d'installer un aquarium lumineux... L'important c'est d'être à l'aise,
de se sentir chez soi, et de laisser à la porte le monde extérieur.
TROISIÈME CONDITION: L'ENVIRONNEMENT FAVORABLE. Le bon lit,
la bonne chambre, le bon moment, tout ceci fait partie du confort érotique
minimum. Le couple qui ne peut en bénéficier n'aura que de piètres étreintes.
Ce qu'un homme et une femme ont à se faire, à se dire, pendant
qu'ils s'aiment, ne regarde personne. L'œil, l'oreille des enfants, les
beaux-parents, les voisins, les moustiques, les fourmis sont autant d'agents
perturbateurs. On fait très mal l'amour dans les immeubles aux murs
trop minces, avec un ou plusieurs enfants dans la chambre, avec un œil
sur le réveil, dans un bosquet, dans le froid, la gêne. Dernière
condition, et non la moindre: faire que l'étreinte, sauf cas précis,
ne débouche pas sur une grossesse. Il faut pour cela se trouver
dans une civilisation ayant mis au point des procédés contraceptifs
efficaces ne perturbant pas l'étreinte pendant son déroulement
(les pilules, le stérilet, etc.), lui gardant son caractère de
spontanéité amoureuse, instinctive, sans "précautions" médicales
dépoétisantes. Il n'est pas besoin d'avoir atteint un "haut" niveau
de vie pour bien faire l'amour, mais il faut avoir opté pour un certain
style de vie.
Faire l'amour avec celui/celle qu'on aime est le plus grand luxe que puisse
offrir la nature humaine et l'individu privé du retour régulier
de cette fête exaltant sa chair, son cœur, ne vit pas toutes les
dimensions de son humanité. Cet oubli égoïste des inégalités
sociales, des interdits religieux, des souffrances du monde, etc., est
nécessaire à qui veut mener une vraie vie d'homme, de femme,
et reprendre, au contact du plaisir d'amour, le courage dont il a besoin pour
affronter les risques et tracas de l'existence quotidienne, banale...
Le programme de la séance
Une bonne représentation érotique doit comporter trois actes:
les préludes, l'étreinte, la détente. Le cahier des charges
comprend l'assouvissement du désir, la survenue d'au moins un orgasme
masculin, et la satisfaction féminine de l'appétit clitoridien
comme de l'appétit vaginal.
PREMIER ACTE: LES PRÉLUDES. Une étreinte se prépare,
sauf dans l'exécrable copulation à la hussarde, l'ignoble viol,
le triste accouplement du service sexuel, rémunéré pour
la prostituée, contraint par le devoir conjugal. Entre partenaires bien
appariés, il n'est pas besoin de longues déclarations pour que
s'établisse la connivence qui mènera à l'étreinte
; chacun sait exprimer, par le langage du corps et son désir, l'argumentation
persuasive à laquelle l'autre répondra favorablement. Les
baisers, les caresses, s'adressent dans le bon ordre des zones érogènes
secondaires aux zones primaires; les enlacements, accolements, font monter
la tension musculaire que les mouvements coïtaux relâcheront. Le
corps du/de la partenaire est progressivement exploré, reconnu, investi,
approprié - chauffé comme on chauffe un instrument de musique.
Avant la conjonction sexuelle, les zones primaires, dernières sollicitées,
doivent avoir atteint leur "meilleur état". Du côté masculin,
il faut parvenir à la parfaite érection en plateau (parfaite
dans sa forme et sa fermeté), dont l'homme dispose ensuite à son
gré, grâce à la bouche (fellation), grâce à la
main, et c'est ici que le prépuce, cet intermédiaire naturel
des caresses féminines, montre toute son utilité érotique(4).
Du côté féminin, il faut obtenir l'appétence vaginale
pour la pénétration, et l'orgasme clitoridien est le déclencheur
naturel: il peut être procuré par les caresses manuelles ou buccales
(cunnilinctus).
Combinant l'excitation buccale simultanée du gland de la verge et
du clitoris (cunnilinctus et fellation), le tête-bêche est une
méthode très efficace. Tantôt l'homme, tantôt la
femme peuvent surplomber le partenaire. La meilleure posture est la suivante:
la tête de chacun reposant sur la cuisse inférieure de l'autre
pour régaler le sexe, la bouche, la narine et l'œil. Il faut convenir,
du côté masculin, s'il s'agit d'une fellation de mise en train
ou d'assouvissement, car la plupart des hommes, ainsi parvenus à l'orgasme,
ne retrouvent pas illico une deuxième érection. Leur excitation
parfaite, les deux protagonistes désirent autant l'un que l'autre l'introduction
de la verge dans le vagin. Le membre viril dressé, la cavité vaginale
lubrifiée et palpitante ont besoin de la main pour se compénétrer.
Le geste s'accomplit naturellement et gentiment pour ceux qui n'en sont pas à leurs
premières armes amoureuses.
DEUXIÈME ACTE: L'ÉTREINTE. Après les stimulations
directes et précises sur les organes génitaux, la conjonction
sexuelle met en jeu le corps entier. Les mouvements coïtaux sont des avancées
et retraits du bassin osseux entraînant la verge et le vagin dans une
friction-percussion réciproque finissant par déclencher l'orgasme.
Mais ils ne peuvent s'accomplir que si le reste du corps leur fournit assistance
et point d'appui. C'est dire qu'il existe deux grandes catégories de
postures coïtales: celles que l'on prend pour s'amuser, pour innover,
pour "changer", et celles qui permettent la survenue de l'orgasme
sans contrainte musculaire, sans contorsions d'équilibriste; le Kama-Soutra
et assimilés sont des ouvrages de mystique humoristique, non des guides
pratiques à l'usage des novices.
L'espèce humaine a néanmoins cette latitude inconnue des animaux,
de posséder un répertoire de postures, varié, basé sur
deux attitudes inverses:
• Le ventre masculin contre les fesses féminines: c'est
la bonne vieille posture des quadrupèdes et des quadrumanes, profitant de l'absence
de protection de l'orifice vaginal abordé par derrière. Elle
a plusieurs avantages. Elle permet la saisie des seins, et l'excitation combinée
du clitoris, en particulier à cuisses jointes, condition physiologique
de l'éclosion de l'orgasme clitoridien chez de nombreuses femmes, que
leurs partenaires s'obstinent parfois à clitoriser - sans résultat
- à cuisses ouvertes. Elle permet aussi la sodomie - la pénétration
de la verge dans l'anus - dont certains sont friands... Il faut leur recommander
de ne pas faire ensuite retour dans le vagin, qu'ils risquent fortement d'ensemencer
avec des germes intestinaux. Malgré ses attraits, cette attitude n'est
habituellement adoptée par les couples qu'après un certain
temps de pratique.
• Le ventre à ventre: c'est
un face à face qui permet
de voir le visage, et fut certainement imposé par les femmes -pour savoir "à qui
elles avaient affaire"... C'est aussi le témoignage de la personnalisation
de la vie sexuelle humaine: elle ne joint pas une paire de sexes, mais des
individus qui se sont choisis et désirent échanger les regards,
les sourires, les baisers, tandis qu'ils s'étreignent. On peut, à partir
de cette dualité anatomique, envisager théoriquement quatre types
de postures selon que les partenaires sont debout, agenouillés, assis
ou couchés.
• Debout: le face à face n'est pas très
commode, sinon avec une petite femme appuyée contre un mur et enserrant
de ses cuisses la ceinture de l'homme... vigoureux. Le ventre à fesses
est plus aisé,
si la femme se penche en avant sur un balcon, une chaise, une commode...
• Agenouillés: là encore, le face à face est plus
acrobatique que le ventre à fesses, célèbre posture dite
genu-pectorale si la femme appuie son thorax sur le lit, un coussin, un siège
bas.
• Assis: le face à face est divertissant dans la cuisine ou en
auto, alors que le ventre à fesses est très commode dans le train,
devant la télé, dans le fauteuil du bureau, etc.
• Couchés: ces
postures sont celles dans lesquelles les couples "se
finissent" habituellement, pour savourer l'orgasme et le cuver tout à leur
aise. Chaque attitude offre plusieurs possibilités:
• Face à face:
L'homme surplombant: c'est
le très classique "missionnaire",
aux avantages multiples de confort pour la femme, pourvu que son compagnon
ne lui écrase pas la poitrine; elle peut écarter ou resserrer
les cuisses, elle peut garder les membres inférieurs étendus,
mi-fléchis ou complètement repliés, les genoux
aux aisselles, laissant l'homme lui fouiller le tréfonds des
entrailles.
La femme surplombante: tantôt elle se couche sur l'homme, tantôt
elle s'agenouille sur la verge ( posture d'Andromaque). Pouvant alors véritablement
mener l'étreinte à sa cadence et à son gré. Couchés
sur le côté: la femme enserre de ses cuisses l'homme remontant
aussi les genoux, posture dite "à la paresseuse" bien agréable
au réveil (qu'il soit matinal ou non).
• Ventre contre fesses:
La femme couchée sur
le ventre: elle écarte fortement les cuisses
pour que la rotondité de ses fesses ne gêne pas l'abord
de sa disponibilité vaginale. La femme agenouillée sur
l'homme (posture de l'Arétin), qui permet à la femme
de caresser les bourses tout en offrant son paysage fessier et d'avoir
la même liberté de
mouvements que dans la posture d'Andromaque.
Couchés sur le côté: c'est la très reposante posture
dite des "petites cuillères", fortement recommandée
(comme la suivante) aux femmes enceintes - qui ont droit de continuer à faire
l'amour comme tout le monde...
• La posture des ciseaux: c'est
une posture intermédiaire combinant
presque tous les avantages. La femme reste allongée sur le dos, cuisses
ouvertes, son compagnon couché sur le côté (droit s'il
est droitier) la pénètre en passant sous la cuisse qui est contre
lui, l'autre cuisse de la femme restant fléchie ou s'insinuant entre
les genoux de l'homme; il peut lui caresser toute "la devanture",
du cou au clitoris en passant par les seins et le ventre, tout en la dévisageant.
Au gré des pratiquants, la conjonction sexuelle peut durer plus ou moins
longtemps, avec des changements de posture, avec des changements de tempo,
du moderato au presto, dont la concordance s'établit spontanément
entre bons joueurs. A l'approche de l'orgasme, le mouvement s'accélère
vers le prestissimo ou le furioso. Avant de se figer dans un point d'orgue
concluant la dernière montée orgasmique. C'est à ce moment
que le retrait de la verge, dans un but contraceptif (coït interrompu)
se montre un non-sens physiologique désastreux.
TROISIÈME ACTE: LA PÉRIODE DE DÉTENTE. Après
une jonction charnelle aussi intime, aussi intense, il n'y a que les goujats
pour s'endormir comme des brutes ou reprendre illico le cours de leurs
si pressantes activités, pour se précipiter sur le bidet ou sur
la cigarette, leur journal, ou le poste de télévision... Le postlude
est le moment de la reconnaissance de la chair, de l'apaisement, de la reprise
du souffle, des esprits, des commentaires flatteurs, des baisers tendres, des
mots tendres, des regards tendres, des tendres sourires, de la boisson réparatrice,
partagée et dégustée avec volupté...
Le délicieux alanguissement peut déboucher sur un petit assoupissement
de transition.
Il sera toujours temps de retourner aux tracas de la vie quotidienne.
Docteur Gérard Zwang
(1) Le
lien de couple ne paraît avoir
désormais qu'une espérance de vie de quinze à vingt ans
(2) Cunnilinctus
et non "cunnilingus",
mot qui est un barbarisme injustifiable
(3) Les
lits jumeaux sont invention diabolique de puritains, et rendent inhabitables
la plupart des hôtels
(4) A
mon avis la circoncision, qui supprime tout le prépuce, ne repose sur aucun argument hygiénique, médical
ni même érotique: les hommes entiers se retiennent autant et mieux
que les circoncis. |